Manœuvres de port : accoster, appareiller et amarrer sans stress
C’est au port que l’on abîme les bateaux, rarement au large. Peu de place, du vent de travers, des voisins qui regardent : la manœuvre impressionne tous les débutants. Elle se réussit pourtant presque toujours quand elle a été préparée, à vitesse réduite, avec des amarres et des pare-battages en place et un équipage qui sait ce qu’il a à faire. Voici la méthode, les effets à connaître et la façon d’amarrer correctement.
- Vitesse
- 3 nœudslimite habituelle dans un port
- Canal VHF
- 9capitainerie des ports de plaisance
- Amarres
- 4 au moinspointes et gardes
- Règle d’or
- Préparertout est prêt avant d’entrer
01Préparer la manœuvre
- Appeler la capitainerie
Sur le canal 9 ou par téléphone, pour connaître la place attribuée, le côté d’accostage et la présence de courant.
- Observer
Le vent, sa force et sa direction par rapport au quai ; le courant ; l’espace disponible ; une solution de repli si la manœuvre échoue.
- Préparer le pont
Pare-battages à la bonne hauteur du côté de l’accostage, et un pare-battage volant tenu à la main. Amarres frappées sur les taquets, passées sous les filières, lovées prêtes à être lancées.
- Répartir les rôles
Chacun sait quelle amarre il prend et dans quel ordre. On ne saute pas : on descend quand le bateau touche le quai.
- Annoncer
Le barreur explique la manœuvre à voix haute avant de la commencer, et ce que l’on fait si elle échoue : on ressort et on recommence.

Ni les mains, ni les pieds, ni la gaffe ne retiennent plusieurs tonnes. On ne met jamais un membre entre le bateau et le quai : un pare-battage volant est fait pour cela.
02Les effets à connaître
Le pas d’hélice
À basse vitesse, en marche arrière
- Une hélice à pas à droite chasse l’arrière vers bâbord en marche arrière.
- On choisit le côté d’accostage qui en profite.
Le vent
Le fardage du bateau
- À l’arrêt, l’étrave tombe sous le vent.
- On arrive face au vent quand c’est possible, pour garder le contrôle.
L’erre
Le bateau continue
- Sans frein, seul un coup de marche arrière arrête.
- On arrive à la vitesse à laquelle on accepte de toucher.
Le pivot
Le bateau tourne autour d’un point
- En marche avant, il pivote vers le tiers avant : l’arrière balaie large.
- On surveille le cul du bateau, pas seulement l’étrave.
Un bateau à deux moteurs, ou équipé d’un propulseur d’étrave, pivote sur place. Avec un seul moteur hors-bord ou une embase, c’est la poussée orientée qui dirige : sans gaz, le bateau ne gouverne presque plus. Voir le gouvernail et l’hélice.
03Accoster
| Situation | Méthode |
|---|---|
| Le long d’un quai, vent faible | Approche à 30° environ, à vitesse réduite ; point mort à une longueur ; coup de marche arrière pour arrêter et ramener l’arrière au quai |
| Vent venant du quai | Approche plus franche, angle plus ouvert ; première amarre à l’avant, puis on ramène l’arrière au moteur sur la garde |
| Vent poussant au quai | On s’arrête parallèle, à un mètre, et on laisse le vent poser le bateau sur ses pare-battages |
| Place sur catway | Entrée en marche avant, lentement ; amarre du côté au vent en premier |
| En marche arrière sur catway ou sur pendille | On prend de l’élan en arrière pour que le bateau gouverne, puis on réduit ; l’étrave est tenue par la pendille ou les pointes avant |
| Avec du courant | Toujours face au courant : il sert de frein et laisse gouverner à vitesse nulle sur le fond |
La première amarre à poste est celle qui empêche le bateau de partir : en général celle du côté d’où viennent le vent ou le courant. Une fois deux amarres tournées, plus rien ne presse.
04Amarrer correctement
Quatre amarres tiennent un bateau le long d’un quai ou d’un catway : deux pointes et deux gardes.
| Amarre | Départ et direction | Rôle |
|---|---|---|
| Pointe avant | De l’avant vers l’avant du quai | Empêche de reculer |
| Pointe arrière | De l’arrière vers l’arrière du quai | Empêche d’avancer |
| Garde montante | De l’avant vers l’arrière | Empêche d’avancer, tient le bateau parallèle |
| Garde descendante | De l’arrière vers l’avant | Empêche de reculer |
| Traversier | Perpendiculaire au quai | Tient le bateau collé ; à éviter avec de la marée |
- Avec de la marée, sur un quai fixe, les amarres doivent être longues, environ trois fois le marnage, et les traversiers proscrits. Sur un ponton flottant, le bateau monte et descend avec lui.
- Tour mort et deux demi-clés sur un anneau, nœud de taquet sur un taquet, nœud de chaise pour une boucle. Voir les nœuds marins.
- Amarres en double, repassées à bord, pour pouvoir larguer depuis le bateau au départ.
- Protection : gaines ou tuyau sur les amarres aux points de ragage ; amortisseurs par mauvais temps.
- Pare-battages : trois au minimum, au maître-bau et aux endroits de contact, à hauteur du quai ou du voisin.
Voir aussi les taquets et où amarrer son bateau.
05Appareiller
- Moteur en route
On le laisse chauffer, on vérifie le refroidissement, et l’on regarde ce que font le vent et le courant.
- Amarres en double
On ne garde que les amarres utiles, repassées à bord.
- Larguer dans l’ordre
D’abord celles qui ne travaillent pas, en dernier celle qui tient le bateau contre le vent ou le courant.
- Écarter l’avant ou l’arrière
Sur garde : marche avant sur la garde montante pour écarter l’arrière, ou marche arrière sur la garde descendante pour écarter l’avant, pare-battage en protection.
- Dégager
À vitesse lente, en surveillant l’arrière qui balaie. On rentre amarres et pare-battages une fois sorti du port.
Avant le départ, déroulez la liste de contrôle : voir les vérifications avant le départ.
06Choisir sa manœuvre
Indiquez les conditions : l’outil propose l’approche la plus simple.
Quelle approche ?
Selon le vent, le courant et la place.
07Questions fréquentes
Quelle est la vitesse maximale dans un port ?
En général 3 nœuds, parfois 5 dans les avant-ports. Elle est fixée par le règlement de chaque port.
Combien d’amarres faut-il pour amarrer un bateau ?
Quatre : deux pointes et deux gardes, complétées par mauvais temps.
Qu’est-ce que le pas d’hélice ?
L’effet latéral de l’hélice, surtout en marche arrière : l’arrière du bateau part d’un côté, à bâbord avec une hélice à pas à droite.
Comment accoster avec du vent qui écarte du quai ?
En arrivant avec un angle plus ouvert et un peu plus d’erre, en passant d’abord une amarre à l’avant, puis en ramenant l’arrière au moteur.
Que faire si la manœuvre se passe mal ?
Renoncer, ressortir et recommencer. Une manœuvre ratée refaite calmement vaut mieux qu’un choc.
À retenir
- Tout est prêt avant d’entrer : pare-battages, amarres, rôles.
- On arrive lentement, face au vent ou au courant quand c’est possible.
- Deux pointes et deux gardes tiennent le bateau.
- En cas de doute, on ressort et on recommence.





