Naviguer en automne et en hiver : sécurité, équipement et bons réflexes

Conseils et actualités

Naviguer en automne et en hiver : profiter de la mer hors saison sans prendre de risques

Plans d’eau déserts, lumières rasantes, ports tranquilles : la navigation d’hiver a ses adeptes. Elle se pratique avec le même permis et le même armement qu’en été, mais l’eau froide, les journées courtes et les dépressions plus fréquentes changent la donne. La règle d’or : des sorties plus courtes, une météo choisie, un gilet porté en permanence et quelqu’un à terre qui sait où vous êtes.

Eau en février
9 à 14 °Cselon la façade maritime
Durée du jour
Environ 8 à 9 hautour du solstice
Gilet
Porté en permanencegonflable automatique
Urgence en mer
VHF 16 ou 196le CROSS répond

L’essentiel à retenir

  • Naviguer en hiver est autorisé : mêmes règles, même permis, mais une préparation plus rigoureuse.
  • Le premier danger est l’eau froide : 9 à 14 °C au plus froid, un choc thermique qui empêche de nager dès les premières minutes.
  • Gilet gonflable porté, sous-cutale et lampe flash : c’est l’équipement le plus important.
  • Sortez par météo stable, renoncez dès qu’un avis de grand frais ou de coup de vent est émis, et rentrez avant la nuit.
  • Prévenez toujours un proche à terre ; en cas de problème, VHF canal 16 ou 196 depuis un téléphone.
Publicité

01Ce qui change quand on navigue hors saison

La réglementation ne connaît pas de saison : la division 240, qui fixe l’armement de sécurité des navires de plaisance, et les règles de route s’appliquent de la même façon en janvier qu’en août. Ce sont les conditions qui changent, et avec elles la marge d’erreur.

L’eau froide

Le risque numéro un

  • Une chute à l’eau devient une urgence vitale
  • Le choc thermique empêche de nager

Des dépressions plus fréquentes

Une météo qui tourne vite

  • Coups de vent et houle plus forte
  • Fenêtres de beau temps plus courtes

Des journées courtes

Autour de 8 à 9 heures de jour

  • Le retour de nuit arrive vite
  • Brume et faible visibilité fréquentes

Des ports au ralenti

Moins de monde pour aider

  • Capitaineries et pompes à horaires réduits
  • Peu de bateaux pour porter assistance

02Le vrai danger : l’eau froide

En hiver, la mer atteint son minimum vers la mi-février. Selon les relevés publiés par Météo Consult, sa température descend alors autour de :

FaçadeTempérature de l’eau au plus froid
Mer du Nord7 à 9 °C
Manche9 à 11 °C (jusqu’à 12 °C à la pointe du Finistère)
Atlantique10 à 13 °C
Méditerranée11 à 14 °C

L’eau refroidit le corps environ vingt fois plus vite que l’air. Mais le premier danger n’est pas l’hypothermie : c’est le choc thermique des premières minutes. Au contact de l’eau froide, on halète de façon incontrôlable, le cœur s’emballe, et l’on peut avaler de l’eau et se noyer avant même d’avoir froid. Viennent ensuite la perte de force dans les bras et les jambes, qui empêche de nager ou de remonter à bord, puis l’hypothermie : au-delà de 10 à 15 minutes dans l’eau, on considère qu’une victime est en hypothermie.

Ne réchauffez pas brutalement

Une victime d’hypothermie se manipule doucement, à l’horizontale. On la sèche, on l’isole du froid, tête et cou compris, et on la réchauffe progressivement : une douche ou un bain chaud peut provoquer un accident cardiaque. Demandez un avis médical par VHF au CROSS. La manœuvre de récupération est détaillée dans notre fiche homme à la mer.

03Météo et fenêtres de sortie

Voilier sous voilure réduite dans une mer grise et agitée, près d’une côte
En hiver, une mer formée se lève vite : mieux vaut rentrer tôt que s’obstiner. Photo : Fiona Dodd / Unsplash.

L’hiver est la saison des dépressions atlantiques, qui se succèdent parfois tous les deux ou trois jours. La sortie se décide donc sur une fenêtre météo : une journée stable, entre deux perturbations, avec un vent faible à modéré et une mer peu agitée.

  • Consultez le bulletin côte de Météo-France le matin même, et les prévisions des jours suivants pour repérer l’arrivée de la prochaine dépression.
  • Renoncez en cas de BMS : un bulletin météorologique spécial est émis dès que le vent prévu atteint force 7 (grand frais) sur la zone côtière.
  • Méfiez-vous du vent contre le courant : à l’entrée des rivières et des pertuis, il lève une mer courte et dangereuse. Voir marées et courants.
  • Anticipez la brume, fréquente par temps calme et froid : radar, AIS, corne de brume et vitesse réduite.

Pour lire un bulletin et ses termes, voir notre fiche la météo marine, et le site officiel Météo-France marine.

Publicité

04L’équipement du bord et de l’équipier

L’armement obligatoire reste celui de la division 240, selon la distance d’un abri : voir les équipements de sécurité d’un bateau. En hiver, quelques ajouts font une vraie différence :

Pour rester à flot

  • Gilet gonflable automatique, porté
  • Sous-cutale et lampe flash
  • Longe et ligne de vie par mer formée

Pour rester au chaud

  • Sous-couche thermique, polaire, ciré respirant
  • Bonnet, gants de voile, bottes
  • Rechange complet au sec dans un sac étanche

Pour être retrouvé

  • VHF portable étanche
  • Balise personnelle ou AIS MOB
  • Lampe frontale, couverture de survie

La VHF reste le meilleur moyen d’alerte : tous les navires à portée entendent l’appel, et le CROSS peut relayer. Voir la VHF marine.

05Préparer le bateau

Voiliers amarrés dans un port noyé dans la brume, sur une eau calme
Brume matinale sur le port : la visibilité peut tomber en quelques minutes. Photo : Veronica Dudarev / Unsplash.
  1. La batterie

    Le froid réduit sa capacité : contrôlez sa charge et ses cosses, et gardez une batterie moteur séparée. Voir la batterie de bateau.

  2. Le carburant

    Faites le plein pour limiter la condensation dans le réservoir, et purgez le filtre décanteur.

  3. Les feux de navigation

    Obligatoires dès le coucher du soleil et par visibilité réduite : testez-les avant chaque sortie. Voir les feux de navigation.

  4. Le pont

    Rosée et givre rendent le pont glissant le matin : chaussures adaptées et main courante.

Si le bateau a déjà été hiverné, ne le remettez pas en service à la va-vite : moteur, circuit de refroidissement et vannes doivent être contrôlés. Notre guide de l’hivernage d’un bateau et celui des vérifications avant le départ détaillent les points à revoir.

06La check-list avant de larguer les amarres

Avant chaque sortie d’hiver

En cas de problème

Appelez le CROSS sur le canal 16 de la VHF ou composez le 196 depuis un téléphone portable. Donnez votre position, la nature du problème et le nombre de personnes à bord.

Publicité

07Questions fréquentes

Peut-on naviguer en hiver avec un bateau de plaisance ?

Oui, rien ne l’interdit : les règles de la division 240 et du permis restent les mêmes toute l’année. Mais le froid, les journées courtes et les coups de vent plus fréquents imposent de préparer davantage chaque sortie, de choisir des fenêtres météo calmes et de rester plus près d’un abri.

Quelle est la température de la mer en hiver en France ?

Au plus froid, vers la mi-février, l’eau descend autour de 9 à 11 °C en Manche, 10 à 13 °C sur la côte atlantique et 11 à 14 °C en Méditerranée, selon les relevés publiés par Météo Consult. À ces températures, une chute à l’eau devient vite dangereuse.

Combien de temps peut-on survivre dans une eau à 10 °C ?

Tout dépend de la tenue, de la corpulence et de l’état de la mer. Le premier danger est le choc thermique des premières minutes, qui peut provoquer une noyade avant toute hypothermie. Après 10 à 15 minutes dans l’eau, on considère qu’une victime est en hypothermie. D’où l’importance du gilet porté et d’une récupération rapide.

Faut-il porter son gilet de sauvetage en hiver ?

Il n’est pas toujours obligatoire de le porter, mais c’est fortement recommandé en hiver : en eau froide, le gilet maintient la tête hors de l’eau pendant le choc thermique, quand on est incapable de nager. Un gilet gonflable automatique avec sous-cutale et lampe flash est le bon choix.

Comment appeler les secours en mer ?

Par VHF sur le canal 16, ou en déclenchant l’alerte ASN sur une VHF équipée. Depuis un téléphone portable, composez le 196 pour joindre directement le CROSS. Le 112 fonctionne aussi, mais le 196 est le numéro dédié aux urgences en mer.

Pour aller plus loin

Photo d’en-tête : Izzy E / Unsplash.

Publicité