Le carénage et l’antifouling

Entretien

Carénage et antifouling : nettoyer et protéger la coque

Algues, coquillages et berniques s’installent sur toute coque qui reste à l’eau. En une saison, ils font perdre un à deux nœuds et augmentent nettement la consommation. Le carénage annuel consiste à sortir le bateau, nettoyer la carène, contrôler ce qui vit sous l’eau et appliquer une peinture antifouling. Voici comment choisir le produit, les étapes, les règles à respecter et un calcul de la quantité de peinture.

Fréquence
Une fois par anau printemps, avant la saison
Peinture
Deux couchestrois sur la flottaison
Lieu
Aire équipéeeaux récupérées et traitées
Séchage
Selon la noticeavant la remise à l’eau

01Pourquoi caréner

Bateau à terre pendant le carénage de sa coque
Le carénage est aussi l’occasion de contrôler tout ce qui est sous la flottaison.
  • Les performances : une carène sale freine le bateau ; la vitesse chute et la consommation grimpe de 10 à 30 % au moteur.
  • La coque : les coquillages abîment le gel-coat, retiennent l’humidité et favorisent l’osmose sur le polyester.
  • La sécurité : hélice, arbre, anodes, passe-coques et safran ne se contrôlent que bateau hors de l’eau.
  • La valeur : un bateau caréné régulièrement se revend mieux.

La fréquence est d’une fois par an pour un bateau qui reste à flot. Un bateau stocké à terre ou sur remorque entre les sorties n’a pas besoin d’antifouling : un rinçage à l’eau douce suffit.

02Choisir son antifouling

TypePrincipePour quel bateau
Matrice dureLa peinture reste en place, les biocides se diffusent ; résiste au frottementBateaux rapides, bateaux qui échouent ou sont souvent sur remorque
Érodable, ou autopolissantLa couche s’use lentement avec le déplacement et renouvelle la surface activeVoiliers et bateaux lents à vitesse modérée
Semi-érodableCompromis entre les deuxUsage mixte
Spécial aluminium, sans cuivreÉvite la corrosion galvaniqueCoques et embases en aluminium
Revêtement silicone antiadhérentSans biocide : les organismes se décrochent en navigationBateaux qui naviguent souvent ; application exigeante
Films adhésifs et ultrasonsSolutions sans peintureAlternatives en développement
Compatibilité

Une peinture érodable se pose sur une matrice dure, pas toujours l’inverse. En cas de doute sur l’ancienne couche, appliquez un primaire d’accrochage. Sur une coque en aluminium, jamais d’antifouling contenant du cuivre.

03Les étapes du carénage

  1. Sortir le bateau

    Grue, élévateur ou cale, sur une aire de carénage équipée. Réservez tôt : le printemps est chargé.

  2. Nettoyer aussitôt

    Nettoyeur haute pression dès la sortie de l’eau, avant que les salissures ne sèchent et ne durcissent.

  3. Gratter et poncer

    Grattoir pour les coquillages, puis ponçage à l’eau, grain 80 à 120, pour dépolir l’ancienne couche. Jamais de ponçage à sec : les poussières sont toxiques.

  4. Contrôler

    Gel-coat, cloques d’osmose, safran et son jeu, arbre et bague hydrolube, hélice, passe-coques et vannes, anodes.

  5. Protéger

    Ruban de masquage à la ligne de flottaison ; on ne peint ni les anodes ni les sondes.

  6. Appliquer le primaire

    Sur une coque neuve, mise à nu ou d’ancienne peinture inconnue.

  7. Appliquer l’antifouling

    Deux couches au rouleau, une troisième sur la flottaison, le bord d’attaque de la quille et le safran, en respectant le délai entre couches.

  8. Remettre à l’eau

    Dans la plage de temps indiquée par le fabricant : ni trop tôt, ni après un séchage trop long.

Profitez de la sortie pour remplacer les anodes usées à plus de la moitié, graisser l’hélice et vérifier l’embase. Voir l’hélice, l’entretien du bateau et l’hivernage.

04Les règles et la protection

  • Carénage sur aire équipée uniquement : les eaux de lavage chargées de biocides doivent être récupérées et traitées. Caréner sur une cale, une plage ou un terre-plein non équipé est interdit et sanctionné.
  • Carénage sous l’eau : le grattage à flot d’une coque peinte à l’antifouling est interdit dans la plupart des ports.
  • Produits autorisés : n’utilisez que des peintures vendues pour la plaisance ; les anciens produits à l’étain sont interdits depuis longtemps.
  • Protection : combinaison jetable, gants, lunettes, masque à cartouche pour le ponçage et l’application.
  • Déchets : pots, rouleaux, chiffons et abrasifs vont dans les bacs dédiés du port, pas avec les ordures ménagères.
  • Météo : ni pluie, ni rosée, ni température trop basse ; respectez les conditions de la notice.

05Quelle quantité de peinture ?

La surface de carène s’estime à partir de la longueur à la flottaison, de la largeur et du tirant d’eau.

Quantité d’antifouling

Indiquez les dimensions du bateau.

Surface de carène——
Peinture nécessaire——

Formule usuelle : longueur à la flottaison × (largeur + tirant d’eau) × coefficient de forme. Le rendement figure sur le pot ; ajoutez 10 % pour la couche supplémentaire sur la flottaison.

06Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il caréner un bateau ?

Une fois par an pour un bateau qui reste à flot, en général au printemps.

Quel antifouling choisir ?

Une matrice dure pour un bateau rapide ou transporté sur remorque, un érodable pour un voilier ou un bateau lent, un produit sans cuivre pour une coque en aluminium.

Combien de couches d’antifouling ?

Deux couches, plus une troisième sur la flottaison, le bord d’attaque de la quille et le safran.

Peut-on caréner son bateau soi-même ?

Oui, sur une aire de carénage équipée pour récupérer les eaux de lavage. Le carénage sauvage sur une cale ou une plage est interdit.

Faut-il un antifouling pour un bateau sur remorque ?

Non, s’il ne reste à l’eau que le temps des sorties. Un rinçage à l’eau douce au retour suffit.

À retenir

  • Un carénage par an pour un bateau qui reste à flot.
  • Matrice dure pour les bateaux rapides, érodable pour les voiliers, sans cuivre sur l’aluminium.
  • Deux couches, trois sur la flottaison.
  • Toujours sur une aire équipée, avec masque et gants.

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